Tutta Carnia è in Francia

Cartello Carnia
Tutta Carnia è in Francia…

… o almeno nelle lettere.

Stiamo tornando a casa dopo uno dei nostri girettini con il mio cugino Luigino per bersi un caffè e gli sto parlando della Francia, mentre mi sta dicendo di mettere la freccia, perché proprio in quel momento passiamo davanti al cartello stradale, al inizio de rive di palpeluuq dove è indicato Carnia, qui a sinistra per entrare nel paese.

E li’ mi salta in mente una cosa della quale non mi ero mai accorto prima. Tutte le lettere della parola “carnia” sono nella parola “francia”. Tranne la lettera ”f”, che è un po’ il simbolo della Francia. La si ritrova per esempio sulle targhe delle macchine.

In tutti i paesi del mondo il nome di France è scritto almeno con la “F” initiale… in tutti? No… c’è n’è uno che stranamente non lo fà. E la Finlandia. In finnico, France si dice Ranska. Dov’è finita le ‘F”? Forse volevano riservarsela come iniziale di Finlandia…No… perché in Finnico, Finlandia si dice… Suomi.

Ma Carnia, al inizio, si chiamava Stazione per la Carnia, perché il luogo si riduceva ad una stazione ferroviaria che permetteva la corrispondenza per andare su verso le montagne della Carnia. Poi il luogo si è chiamato Stazione di Carnia ed è con questa appellazione che continuo sempre a riferirlo, ma in friulano: Štasion di Cjarnje.

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Le chaton à moteur

Aujourd’hui, mercredi 9 novembre 2016, je suis allé faire une randonnée dans la montagne ici autour de Tugliezzo, sans doute pour me vider la tête après cette étrange soirée d’élections d’hier, qui a vu l’Amérique se trumper inexplicablement. Et en rentrant je descends ranger à la cave, mes affaires de trekking. A’ peine la porte poussée, je suis surpris d’entendre le miaulement assourdi d’un chat. C’est un miaulement éthéré, que j’ai du mal à localiser. En tout cas le chat n’est pas là et cela semble plutôt provenir de l’autre coté du mur où il y a le garage de mon voisin du dessus.

Intrigué, je fais le tour par la porte basculante pour voir que celle du voisin est levée et que le capot moteur de sa voiture est levé aussi. Moi, je gare ma voiture dans la pente, ce qui me permet d’utiliser la place dans mon garage pour autre chose. Mais lui, il fait comme tout le monde ici. Il utilise son garage pour mettre sa voiture à l’abri à l’intérieur. Pour moi, c’est de la place perdue. Alors que je suis là, à tendre l’oreille, mon voisin fini par sortir en épluchant distraitement une orange. Je lui demande s’il entend ce miaulement qui semble venir de nulle part. Lui, il a plutôt l’air entendu de celui qui sait et du menton il m’indique sa voiture. Cela fait une heure qu’il attend qu’un chaton qui s’est réfugié dans son moteur veuille bien en sortir !

C’est en rentrant de Venzone qu’il a entendu des miaulements en descendant de voiture. Il a donc transporté jusqu’ici, sans le savoir, un petit chaton dans son moteur. J’ai du mal à réaliser la situation et je regarde instinctivement sous sa voiture en essayant de repérer l’animal à la provenance de son cri. Mais non, c’est par le haut qu’on peut le voir. Le coffre moteur de son Alfa Roméo est très large mais bien rempli et c’est dans ses entrailles que mon voisin, avec une lampe de poche, me montre le petit chaton gris qui nous regarde au miaulant. Lorsqu’il essaye de l’atteindre, le chat se déplace et se trouve instantanément un autre endroit plus sûr.

J’engage la conversation. Comment l’animal en est-il arrivé là ? Est-ce que c’est la mère du petit chaton qui l’ai caché là lorsque la voiture était garée à Venzone, ou alors est-ce que c’est un chaton à peine sevré parti à la découverte du monde, par cette journée glaciale et qui a trouvé un endroit douillet avec ce moteur tout chaud ? En tout cas la cachette est risquée. Comment a-t-il fait pour ne pas être happé par la courroie du ventilateur, par exemple, quand le moteur tourne et que la voiture roule. Mais mon voisin ne semble pas inquiet pour la santé du chaton. Il voudrait juste pouvoir utiliser sa voiture en toute liberté. Pour le dérider, il me vient à l’idée de lui souffler qu’il a un petit tigre dans son moteur, mais je n’arrive pas à placer ce clin d’oeil dans la conversation.

Je continue la réflexion à haute voix. Comment déloger la petite boule de poils ? Peut-être a-t-il faim ? Peut être qu’un morceau de fromage ou un bout de saucisson le pousserait à sortir ? Tout à mon attention à lui trouver des solutions, je propose à mon voisin d’appeler une personne qui prétend s’y connaître en animaux. Je pense à ma cousine Alice qui est justement là, à la Carnia, pour quelques jours. Mais il décline la proposition. Bien sûr il n’a pas du tout envie d’avoir à démonter son moteur pour cela. Est-ce que le chaton va quitter de lui-même son habitacle et sortir du garage ? Il fait mine de vouloir remonter chez lui et il me dit qu’il va laisser la porte basculante ouverte.

Je laisse mon voisin à ses conjectures et je remonte me prendre une douche car je dois aller voir ma cousine Graziella pour lui ramener un ustensile de cuisine qu’elle m’avait prêté. En redescendant, je me demande si je dois prendre ma voiture, parce que chez Graziella c’est tout près d’ici, mais ensuite je pourrais en profiter pour aller boire un café à Venzone, pour méditer comme je le fais souvent, au milieu des vieilles pierres. Tiens… la porte basculante du voisin est fermée. Il a du, d’une façon ou d’une autre avoir régler son problème. Je suis content pour lui, mais tout d’un coup j’entends encore une fois le miaulement. Le chaton n’a pas du aller bien loin et doit être quelque part là, dans la nature, mais je ne le vois pas.

Je monte dans ma Panda et je m’arrête devant chez Graziella. Au moment de descendre je vois passer en coup de vent devant moi, mon cousin Renzo car j’ai vu sa Smart garée en bataille sur sa rampe aménagée. Je vais pour le saluer lorsque j’entends fort et distinctement… un miaulement. Oh non… je crois hélas comprendre. Je vais lever mon capot moteur et le chaton est là, miaulant sur la batterie, mais en un clin d’œil il se glisse hors de portée entre les tuyauteries.

J’attrape mon appareil photo et je prend un cliché au cas où on ne me croirait pas et je descends voir Graziella, qui habite en contrebas de la rue, en laissant mon capot levé. En remontant, le chaton semble être parti. Le moteur de la Panda est bien plus petit que celui de l’Alfa et j’en ai vite fait le tour du regard. Soulagé, je referme mon moteur et je m’apprête à repartir lorsque… j’entends encore un miaulement ! Mais d’où vient-il ? Pas de ma voiture. Je redescends et je fais quelques pas, l’oreille aux aguets. Oh non… Il est dans la Smart !

Je ne veux pas, moi, me sauver comme un voleur et je me mets en quête de Renzo. Je sonne chez Giuliana, où il devrait être, mais ça ne répond pas. Je repasse donc chez Graziella qui appelle Renzo. Je me demande s’il va prendre au sérieux le message lorsqu’il va l’interroger. « Tu as un chat dans ton moteur » Je saurais, plus tard, que Renzo ne m’a pas écouté, et qu’il est rentré chez lui, à Casarsa, sans s’occuper du chat dans son moteur, mais que l’animal y est quand même arrivé sain et sauf. Mais dans quel moteur de voiture est-il maintenant ? Car, après tout, je ne l’ai jamais vu mettre une patte par terre, ce chaton. Si cela se trouve il était déjà dans un moteur a Venzone, avant de passer dans celui de l’Alfa. C’est sa façon de voyager. C’est sa vie. C’est un chaton à moteur

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Friul sous la Canopée


Friul sous la Canopee 1Arrivé à Paris, je découvre que le passage sous la Canopée est enfin ouvert depuis peu. Cela va devenir une de mes promenades digestives les plus courues dans mon quartier des Halles. Et à propos de manger, il y a là maintenant un restaurant dont les prix à la carte affichée dehors en doivent faire fuir plus d’un. En tout cas, je suis un de ceux-là. Malgré tout, le restaurant est bien achalandé. Non, pas qu’il soit bien pourvu, car la décoration y est austère et en faux-luxe, mais il est souvent bien rempli de clients attablés qui ne doivent pas avoir peur de croquer… tout leurs salaires.

Pendant plusieurs jours, je passe donc tout droit. Puis un jour, ce matin du 2 juin 2016, mon regard flânant est attiré par quelque chose de familier qui siège là, à l’intérieur, derrière les tables. Ma première intention est de passer mon chemin comme d’habitude, mais la curiosité est trop forte. Est-ce que ce que je crois voir est vraiment ce que je pense? Je fais demi tour et rompant avec mon vœux de ne jamais y entrer, je pousse la porte de cette anti-taverne. Bien sûr je suis tout de suite dévisagé par un serveur planté à l’entrée. Non, merci, je ne viens pas pour une collation… je… je voudrais juste jeter un coup d’œil sur… comment dire… sur ce que vous avez là au fond de la salle. Bien sûr… on m’en prie. Mais j’en suis d’ores et déjà assez proche pour avoir compris de quoi il s’agit.

Tout en continuant d’avancer, je m’assure auprès du personnel, qui au demeurant est fort serviable, que je peux prendre des photos. Mais ce n’est que lorsque j’aurais le nez sur la chose que je pourrais y lire dans un coin la signature que je cherchais: Solari Udine. Oui, c’est bien un grand panneau d’horaires de train, sans aucun doute en provenance de la Gare de Lyon qui, à plein mur, donne là maintenant le menu du jour. Ce lieu que j’avais tout fait pour éviter auparavant, me devient là tout à coup fort sympathique. Et je ne manquerai pas dans les mois qui suivront de le faire visiter en faisant faire un détour aux personnes qui m’accompagneront dans le quartier, pour leur raconter l’histoire.

Avant le tout informatique et les écran plats, il y avait l’électromécanique. Et ce panneau Solari en était une merveille. Je l’ai toujours connu à la Gare de Lyon avec son cliquetis caractéristique qui rappelle celui d’une machine à écrire. Peut-être était-il déjà là quand j’y ai débarqué encore tout-petit, en 1957, en provenance du Friul. Car cette entreprise du nom de Solari, est une entreprise du Friul qui fabrique ce panneau… qui fabriquait plutôt, car comme c’est le cas même à Igny par exemple aujourd’hui, Solari continue à faire des panneaux d’horaires de trains, mais sur des écrans plats pour sacrifier au tout informatique. Et tout cela n’a évidemment pas le même charme que cette belle mécanique avant-gardiste surannée qui trône là devant moi dans ce restaurant qui vient d’ouvrir… Oui, oui… je peux donc dire qu’il y a donc bien un peu de Friul sous la Canopée.

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Gjas


Letere vierte a Line

I vevi metuut fuur il naas pal barqon par viodi če qe vevin qei gjas qe no le finivin plui di njaulaa, e qun la code dal vooli i ai vioduut qe de bande de too štale e ere une surižute qul fasolet sul cjaaf…

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Sdrucciola


Lettera aperta a Lina

E’ la parola che mi è venuta in mente adesso. La trovo carina. E’ adatta a te. Sei una persona sdrucciola. Sfiori l’aria come il volo di un uccellino da un posto ad un altro senza mai soffermarti… Ma almeno gli uccellini, ogni tanto, si fanno vedere…

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Il Barelin


il barelin
Aujourd’hui 6 mars 2016 c’est une journée à marquer d’une pierre blanche, parce que j’ai ramené quelque chose qui me manquait vraiment pour être un vrai frioulan. Et cette chose c’est une carriole, un barelin en frioulan. Une caisse en bois et deux roues de bicyclette ; Voilà le barelin. Avec ça on peut transporter de tout, juste à la force des bras. Moi, depuis que je suis tout petit, j’ai toujours vu cet engin faire partie du paysage ici au Frioul. Chargé de foin ou de sable, poussé à la main ou même tiré en bicyclette, c’était au quotidien.

Mais en plus, celui-ci n’est pas n’importe quel barelin. Je l’ai acheté à la veuve de Pieri, le cousin germain de mon père. L’occasion s’est présentée juste avant mon départ à Paris il y a presque deux mois. Elle débarrassait son sous-sol et j’ai eu la chance qu’on me souffle le tuyau. Je l’ai bien entendu payé tout de suite, mais laissé sur place car, sur le moment, je ne savais pas où le mettre. A Paris, j’y ai réfléchi et j’ai trouvé que sous les escaliers de l’entrée était l’endroit idéal, au moins en attendant. Il est ainsi protégé de la pluie, mais il est dehors. Pour cela j’avais préparé de quoi l’attacher, comme on le ferait d’un vélo, pour éviter une main baladeuse. Je suis content du résultat. Je dois juste ajouter un système pratique, que j’ai déjà en tête, pour lui soulever les roues du sol en cas d’immobilisation prolongée.

Ce barelin va bien me servir, mais c’est une relique. Il a été fait, bien avant ma naissance, par mon oncle Tin, le frère de mon père, dont on dit qu’il serait même l’inventeur de système utilisant de simples roues de vélo à la place des anciennes roues en bois. Mon oncle Tin était réparateur de vélo. Je suis maintenant très fier de posséder l’engin. Bien sûr il y en a plus d’un encore en circulation, mais en quatre ans que je suis là très souvent dans l’année, même en en ayant repérés quelques-uns, je n’avais jamais réussi à faire affaire.

Qu’est ce que je vais faire avec ? Déjà, transporter sur le luuq, mon terrain, les huisseries de récupération qui traînent devant la maison, mais ensuite, tout ce qui est transportable et trop lourd pour être porté à la main, comme mon projet de récupérer des galets dans le lit du torrent de la Fella pour faire des sols empierrés, que l’on appelle qugulaat en frioulan et que l’on trouvait dans toutes les cours de toutes les maisons autrefois avant le tremblement de terre et que moi je veux essayer de transformer en mosaïques romaines sur le luuq justement, pour faire des allées pour passer à pied les jours de pluie. Voilà, le barelin c’est le couteau suisse du frioulan.

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Diarama Alice

Lettre ouverte à Alice

Aujourd’hui, juste avant mon départ pour La Carnia demain, je t’ai envoyé une lettre par la poste, depuis Paris, vers l’Allemagne. Une lettre en Pular, que j’ai voulu comme une carte de vœux pour 2016. Cela faisant longtemps que cette idée me trottait dans la tête. T’envoyer une lettre en Pular, pour que, passé le premier moment de surprise, tu demandes à ton ami de la traduire. J’espère seulement que le Pular Guinéen n’est pas trop différent du Pular Sénégalais… Ne pas oublier de cliquer sur le drapeau Guinéen…

Voici donc cette lettre

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Le jeu de l’ultimatum

Carnia : 4 janvier 2016. Je découvre à la télé entre deux émissions culturelles un programme court qui traite du jeu de l’ultimatum. Je ne connais pas. Je note sur un bout de papier, comme je le fais souvent ces dernières semaines puis, à la fin du programme, je vais faire un tour sur Internet, voir ce qu’ils en disent sur la théorie des jeux.

Voilà ce que je trouve sur « l’ultimatum game » : On prête, à un joueur A, une certaine somme d’argent (par exemple 10€) avec pour instruction d’en donner une partie à un joueur B qui connaît la somme de départ. Si le joueur B accepte l’offre, tous les 2 gardent leur part d’argent. Si le joueur B refuse l’offre, aucun des 2 ne gardera d’argent. On pourrait détailler toutes les offres possibles de 0 à 10€ par le joueur A et toutes les raisons qui pousseraient le joueur B à accepter ou refuser. Car au delà de la solution évidente de 5€ pour chacun, qui a le plus de chance d’être proposée et acceptée, toutes les autres, dans une moindre mesure certes, peuvent être proposées et … acceptées, mais aussi refusées, ce qui contredit d’ailleurs la théorie des jeux qui prédit la recherche de maximalisation des gains… Tout dépend des besoins immédiats en argent de A ou de B.

Mais si je vous parle de cette histoire ce soir, c’est que cela me rappelle une anecdote :

Nous sommes à vélo, à Antony, dans la Rue Aldophe Pajeaud, pratiquement devant l’école Paul Bert, vers l’Avenue Stalingrad, qui sera, par la suite, arbitrairement débaptisée en Avenue Jean Monnet. J’ai 9 ou 10 ans, peut-être moins, et devant moi il y a mon frère Gianfranco, 1 an et demi de moins que moi. Dans mon souvenir c’est un tout petit vélo, et donc le mien ne doit pas être beaucoup plus grand et donc on ne doit pas être très âgés. On est en plein milieu de la route, ce doit être l’été et il n’y a pratiquement pas de voitures. Tout d’un coup, dans les zigzags que mon frère fait là devant moi, tête en l’air, je vois quelque chose traîner sur l’asphalte chaud. Je m’arrête et je ramasse. C’est un portefeuille. Mon frère me rejoint et on regarde autour de nous. Personne. La typique journée de mois d’août des années où nos parents avaient décidé qu’on ne partirait pas en vacances. Vu là où il était, je comprend que le portefeuille n’a pu tomber que d’une voiture et que cela va être difficile de lui courir après. Ce portefeuille, je le vois encore, il est usé, et bien rondouillard. Pas une seule seconde, l’idée de prendre l’argent, n’a traversé mon esprit. Par contre tout de suite a germé l’idée, que le ramener à son propriétaire pouvait rapporter une récompense, et puis qu’au pire, on aurait fait une bonne action. A cet âge, un an de plus fait beaucoup de différence et c’est donc moi qui prend l’initiative. On va le fouiller ce portefeuille et chercher un papier d’identité avec une adresse postale… et on en trouve une, justement rue Aldophe Pajeaud. Demi tour et la rue est longue. Quand on arrive à l’adresse dite, on est quand même pas loin de la limite informelle de l’éloignement maximum, qu’on s’est tacitement et depuis toujours, autorisés depuis la maison au 2 Allée des Platanes. De plus, cela peut être risqué de sonner chez des inconnus, mais je ne me souviens d’aucune appréhension. Peut-être aussi, parce que nous avons lu que ce monsieur, car il s’agit bien d’un monsieur, est un policier. C’est une résidence et il faut trouver la porte et sur la boite aux lettres, l’étage, mais tout se passe facilement. Je sonne.

En plein milieu de l’après-midi, comme ça, il y est fort probable qu’il n’y ait personne, mais une dame fini par nous ouvrir la porte. Pas besoin de beaucoup de mots pour s’expliquer et voilà qu’elle nous abreuve de compliments et nous demande d’entrer. Peut-être qu’on a l’air un peu perlés de transpiration car elle nous propose à boire. Je ne me souviens pas si l’on accepte, car on nous a toujours appris à refuser, plus par sécurité que par politesse. Mais peut-être que oui, après tout. Elle parle beaucoup. Elle dit que son mari a l’habitude de poser son portefeuille sur le toit de la voiture lorsqu’il fait le plein d’essence. Bien, tout se passe comme j’avais prévu. De plus, au retour, on passera devant cette station service et on mesurera, à vu d’œil, sur quelle distance le portefeuille est resté en équilibre sur le toit de la voiture. Je suppose qu’elle ajoute que notre intervention va bien les soulager des tracas et des frais pour refaire tous les papiers. Et tout d’un coup, comme si elle avait oublié quelque chose, elle s’exclame en levant les bras au ciel, et s’éclipse. On se retrouve là debout, au garde à vous en culottes courtes à attendre pendant, ce qui nous semble être, de longues minutes. Elle revient enfin et nous tend à chacun un billet de 5 Francs. Une belle somme à l’époque, surtout pour des gamins. Bien sûr on commence par refuser, mais on sait bien, au fond de nous que c’est pour la forme et qu’on l’a bien mérité. Et nous revoilà dehors, plus riches qu’en entrant.

Et c’est là qu’intervient « l’utimatum game ». J’avais récupéré les 2 billets. Mon frère m’avait confié le sien de bonne grâce, peut-être parce que son short n’avait pas de poche. Par contre je me souviens très bien de mon état d’esprit à cet instant. On est sur le chemin du retour, pour mettre en lieu sûr, l’argent, chez nos parents. Cette fois-ci, c’est moi qui zigzague devant, en me retournant de temps en temps pour relater à mon frère où j’en suis de mon raisonnement.

Pour moi il n’avait rien fait. Il n’avait pas trouvé le portefeuille et ensuite il n’avait fait que me suivre. D’un autre coté, je ne peux pas ne rien lui donner non plus. Mais à combien peut se monter sa juste rétribution ? Lui, semble d’accord qu’il n’a pas droit à la moitié, soit ses 5 Francs. Mais cela va être compliqué d’expliquer à ma mère, que la dame nous a donné 2 billets de 5 Francs mais qu’il n’y a que 2 ou 3 Francs pour mon frère et le reste pour moi. Voilà, je suis le joueur A, je garde pour moi 7 Francs (et pourquoi 7 et pas 8 ?) et je donne au joueur B les 3 Francs qui reste. Est ce qu’il accepte ? Oui ! Il accepte ! Sur son vélo mon frère a accepté. Oui… mais c’était sans compter ma mère, qui, une fois que nous sommes arrivés chez elle, n’écoute pas mon argumentation. Dans son aveuglement égalitariste, qu’elle a toujours pratiqué, elle juge, en revenant à l’expression de la volonté de la dame, qu’il faut partager 5 Francs chacun. Mais égalité ne veut pas dire équité ! Moi, je le vis comme une injustice, mais bien sûr, je vais accepter l’état de fait.

Enfin, l’avantage par rapport à « l’ultimatum game », c’est que l’argent ne nous sera pas repris… enfin, si, un peu quand même… parce que nous n’aurons, comme d’habitude, pas le droit de le dépenser. Il ira augmenter la petite cagnotte d’argent de poche… argent bloqué jusqu’aux vacances d’été, et qui nous servira pour nous acheter des glaces quand nous partirons en Italie… l’année prochaine donc… et ce n’est même pas sûr. De plus au prix du cornet de glace à l’époque en Italie, il va sans dire que l’argent revenait presque entièrement dans la cagnotte au retour en France et qu’au fond… on n’en disposait pas vraiment… et pour le coup, le « jeu de l’ultimatum » est corroboré…

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La Marteline

Lettre Ouverte à Marie Christine de Paris

pierresAujourd’hui, profitant d’une journée de soleil, mais d’une température tout juste au dessus de zéro je suis allé étrenner ma marteline ce marteau en demi-lune dont j’ai fait l’acquisition il y a deux semaines en haut lieu de la mosaïque à Spilimbergo. Je suis allé carrément au milieu de la Fella, toute proche, où j’ai redressé un grosse souche de bois flotté pour y planter le taillant, la petite enclume. Entouré de matière première, dans l’immense lit du torrent, je n’avais que l’embarras du choix. Au bout de quelques minutes, je me suis quand même rendu compte, que malgré le matériel, les cailloux ne se laissent pas si facilement casser que ça. J’avais beau chercher les veines de la pierre, la tourner et la retourner, changer l’angle d’attaque et changer de pierre… le résultat que je voulais obtenir – à savoir, un galet bien coupé en deux – ne s’est présenté qu’une seule fois. Et je ne parle pas d’essayer d’obtenir des tesselles… Peut-être que pas tous les types de galets ne se prêtent à la chose. Ou peut-être plutôt, que je dois encore m’entrainer, car j’avais de meilleurs résultats, en utilisant un autre galet pour casser les pierres, qu’en utilisant la marteline. J’ai envié l’homme de l’âge de pierre. Mon projet est de paver un sentier en mosaïque romaine sur mon terrain (le luuq). Pourtant, cela me paraissait assez simple au départ. Mais pour paraphraser Corneille…s’en tirer sans difficultés, c’est réussir sans éclat… enfin… si ! des éclats… de pierres, j’en ai malheureusement fait beaucoup…

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Ta maman


Lettre ouverte à Suzel

Je viens d’apprendre une bien triste nouvelle. Monika vient de m’appeler il n’y a pas très longtemps. Elle m’a joint alors que j’étais dans la montagne au dessus de La Carnia. Je viens assez souvent dans l’année, escalader cette côte en vélo, pour ensuite me retrouver seul ici, à méditer dans le silence. Et le silence a été rompu par mon téléphone, là, au milieu de nulle part. Tout d’un coup j’ai été connecté à Paris, lieu de tragédie, mais dans la foulée, me voilà projeté dans la région de Amiens, chez toi, lieu d’une autre tragédie pour toi. Je ne fais plus attention au temps qui passe. Le coup de fil s’éternise. La nuit tombe. Il va falloir que je redescende, sans lumières, dans la vallée. Le téléphone sonne encore une fois, sur ma ligne italienne cette fois. C’est ma mère qui s’inquiète: « Madonna santa ! Tu es encore là haut? » Je me dépêche. Le froid est glacial.

A peine arrivé, c’est les doigts encore engourdis que j’allume mon ordinateur et commence à taper mon message. Dans ces circonstances les mots ont peu d’importance. Je sais bien que rien ne peut exprimer la douleur. Rien ne peut arrêter le flot des souvenirs. C’est pourquoi, je ne voudrais exprimer que juste ma présence. Partager un souvenir. Je n’ai pas connu ta maman, bien que, et tu le sais, j’aurais été enchanté de la rencontrer. Mais j’ai été fier, oui, fier est le mot, de mener à bien cette mission, l’année dernière, sur les marches du campanile de la place Saint Marc à Venise et puis ensuite, vraiment satisfait de savoir que ta maman avait apprécié de voir la photo que j’avais fait de toi… de vous deux, en fait. Que de choses passées depuis que cette enfant de 10 ans avait posé pour la postérité dans cette cité des Doges. Toute une vie. Moi, je ne peux que les deviner. Mais toi, Suzel, l’histoire tu la connais et ces souvenirs t’appartiennent. Toi seule connais leur importance. Et si tu veux en partager avec moi, je serai bien sûr ravi d’être à ton écoute, quand tu le désireras…

Je t’embrasse et dès que j’aurais planifié mon voyage en France, je viendrais te voir…

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