Par-Ven 2021 Décembre


«retour en arrière…

Levé aux aurores, je suis content d’avoir tous mes papiers en règle pour pouvoir rentrer à La Carnia… Billet…. Plf… Pass… Il est incroyable de voir comment une grande partie du séjour doit être consacrée juste à réunir les éléments pour… voyager…

Hier je suis allé faire mon test antigénique rapide pour obtenir mon pass sanitaire pour pouvoir prendre l’avion. En terme de sanitaire, le pass est plutôt sursitaire. Il ne dure que 1 ou 2 jours. On ne sait pas exactement. Et de toutes façons, il dure de moins en moins, même pour les vaccinés. Je suis donc allé sous la tente, que j’avais repéré quelques jours auparavant, devant Beaubourg. Gratuit pour les vaccinés, c’est 25€ pour les autres, c’est à dire moi. Ces tentes, présentes un peu partout dans Paris, je pense, sont occupées par des étudiantes en médecine. Elles manipulent l’écouvillon, puis le mettent dans un réactif. On n’a pas le droit de voir. Il faut revenir 10 minutes plus tard. Mais ce dont je me rends compte, c’est que ce sont elles qui transmettent le résultat sur le site d’inscription, qui doit donc juste l’enregistrer et me renvoyer un message télématique. Je me dis qu’elles pourraient donner le résultat qu’elles voudraient. Hier, pour moi, il a été heureusement négatif pour mon vol. Mais, quelqu’un pourrait avoir envie de se faire déclarer faussement positif, et après quelques jours de confinement, obtenir facilement un pass de 6 mois…

Le résultat annuel de ma glycémie ayant été bon, je me suis un peu lâché ces derniers jours, par exemple, avant hier chez Marie Christine et Gilles, qui m’avaient invité à une soirée. Aujourd’hui au petit déjeuner j’ai mangé du riz au lait, déjà transvasé la veille dans des verres, pour pouvoir avoir déjà jeté la poubelle et en laisser une propre dans l’appartement, qui va rester vide, je ne sais pas pour combien de temps maintenant, et que, pour la même raison, je ferme tranquillement pour ne rien oublier…

Exceptionnellement, je vais prendre le métro à la station Sentier, pour aller chez Gilles, qui s’est gentiment offert de m’accompagner à Roissy car, et je le savais déjà dès la réservation de mon billet, aujourd’hui un tronçon du rer b est en travaux, tout comme la ligne 4 qui passe à ma gare habituelle des Halles.

Arrivé en avance sur les 7h30 que je m’étais fixé, je reçois un sms de Gilles qui me dit qu’il est en train de promener Gaia, le chien, ou plutôt, la chienne, un lévrier. Je monte donc voir Marie Christine, qui m’ouvre en nuisette et m’offre un café américain et une tartine au beurre. Gilles, qui finit par arriver, a droit à la même chose.

Le désavantage d’être un dimanche, pour les travaux, devient un avantage, pour la circulation quasi absente vers l’aéroport et à 8h00 nous y sommes déjà. L’entrée du Terminal B est filtrée. On ne laisse entrer que les gens munis d’un billet d’avion. Sur les panneaux, mon vol est déjà affiché porte D69. Mais… nous sommes au Terminal B ou D ? En fait, comme j’irais le vérifier sur Internet plus tard, les aérogares B et D qui viennent de réouvrir après des années de travaux, ne font maintenant plus qu’une.

Au passage des tapis roulants sous les scanners, mon sac à dos a bifurqué sur le rail de la douane. Mais qu’est-ce que j’ai bien pu oublier à l’intérieur qui n’aurait pas été vu au voyage précédent, à l’aéroport à Venise ? Après une interrogation du regard, une douanière l’inspecte…mais rien à signaler, je suis juste suspect. Je marche un peu pour arriver à la porte D69, qui est tout au bout de ce bâtiment, mais où j’ai le plaisir de voir qu’il y a là, de la restauration sur place. La caissière me demande de montrer mon pass sursitaire… mais pourquoi !? Tout le monde ici, soit travaille, et a donc un pass pour travailler, soit voyage, et a donc un pass pour prendre l’avion. On voit bien qu’il est laissé à tout un chacun, le degré d’adhésion à l’auto surveillance de masse, au niveau de son degré de compréhension…

C’est hors de prix, mais je prends quand même un chocolat et une part de galette frangipane. Et grâce à mon pass sursitaire je peux m’asseoir et ne pas avoir à manger sur mes genoux et puis aussi avoir une table pour écrire mes notes de voyage jusqu’ici. Je n’ai qu’un pas à faire pour être à l’embarquement lorsque l’annonce en est faite. Inexplicablement, cette fois-ci, il n’y a qu’un seul Speedy Boarding qui se présente. Je serai donc en numéro 2 pour entrer dans l’avion. En vérifiant mon billet, l’hôtesse remarque sur son écran, que je ne suis pas passé par « l’enregistrement », des bagages, je suppose, puisque je n’ai qu’un sac de cabine. J’en déduis que là-bas, on doit vérifier le pass sursitaire, car elle me le demande, mais ne fait que regarder la date… Je repense à mes 25€ gâchés sous la tente à Beaubourg….

Dans la cabine, je suis coté hublot et 2 jeunes femmes de couleur viennent compléter ma rangée. Normalement j’imprime ma carte d’embarquement très tôt, dès que j’achète mon billet. Mais là, étant dans je ne sais quelle incertitude, je l’ai imprimée juste l’avant veille du vol. Comme je ne paye pas pour choisir mon siège, car étant seul, il m’importe peu où je m’assoie, j’ai remarqué que je suis souvent coté couloir, qui doit être sans doute le siège le moins demandé. Sur la fin, l’algorithme de remplissage, n’a pas du avoir d’autres choix que de m’accorder l’hublot, et a du terminer par cette rangée, vu que je viens de m’apercevoir, au moment de la fermeture des portes, que le bloc de 3 sièges de l’autre coté du couloir est totalement vide. Avant que quelqu’un d’autre ne me souffle l’idée, comme cela m’est déjà arrivé, j’informe mes 2 voisines que je vais leur laisser de la place, pour aller moi-même prendre mes aises à l’autre bord. Mais ce faisant, si vous avez suivi les épisodes précédents, j’ai maintenant mon bagage au-dessus de moi !

Je vois un beau soleil au-dessus des nuages et il y a un vent porteur, mais ça, cela avait été annoncé par le commandant de bord. Aveuglé de lumière chaude, je baisse le volet du hublot, et je pique du nez, parce que je me suis levé à 5h du matin… et quand je rouvre l’oeil, une heure plus tard, c’est au-dessus des Alpes couvertes de neige. Il faut dire que l’avion a décollé à l’heure où normalement je me lève le matin, car souvent je travaille tard mes écritures, jusqu’à 2 heures du matin, pour trouver de la tranquillité. J’entrebâille le volet et je remarque des montgolfières sur le lac de Garde. Elles me paraissent bien hautes dans le ciel, bien plus hautes que les montagnes à l’entour. Je me pose la question de savoir si elles pourraient se retrouver sur le même palier que les avions…

A’ l’atterrissage pas de contrôle du plf ! Le Passenger Locator Form. Pourtant sur le site du consulat d’Italie à Paris, il était bien indiqué qu’il était réclamé par l’Italie. Quel temps perdu à le remplir. Robotisé, pour ne pas me tromper, j’avais même lu les 81 pages du manuel pour remplir le document de « traçage » humain, sur lequel on y inscrit somme toute, juste son nom, le pays de départ et le pays d’arrivée…

Je marche, comme toujours, jusqu’à l’arrêt de bus Tessera. Il fait un beau soleil presque chaud et j’en profite pour enlever mon pull de dessous mon manteau, et je le tasse comme je le peux dans mon sac à dos. Piazza Roma, j’achète 2 billets bus à 1€50 en réserve, puis comme d’habitude je contourne Calatrava. A’ la gare, je regarde les horaires des trains. Nous sommes dimanche et il y a moins de correspondances. Ce sera 1 heure et demi d’attente à Udine. Et ici à Venise, je n’ai qu’une demi heure pour grignoter. Au bar je dois présenter mon pass au scanner de la serveuse. Il passe. Elle me dit que c’est bon, que je peux m’asseoir à l’intérieur. Qu’est ce que je disais ! Prendre un café est plus surveillé que prendre l’avion. En attendant la préparation de ma collation, je lis l’affichette que je n’avais pas pris le temps de lire en entrant. « Ne peuvent entrer que les super green pass vaccinés et guéris » Il faut savoir qu’il y a quelques jours les mesures ont été renforcées en Italie. Un super green pass a été crée, qu’on ne peut plus obtenir juste en étant testé négatif… mais en étant vaccinés ou guéris. Mais alors, le mien? Mon pass français, bien que européen, obtenu avec un test antigénique rapide, a semble-t-il bien allumé une lumière verte sur son écran, qui est censé détecter seulement les vaccinés. Visiblement on n’est pas à une incongruité près. Toujours est-il que je mange, au chaud, avec vue sur le grand canal, mais je me dépêche, pour ne pas rater mon train.

Sur la quai, je monte dans les premiers wagons, pour re-tester la théorie élaborée aux voyages précédents. Et elle marchera plus ou moins, le wagon ne sera jamais bondé. Pour ce trajet, j’ai décidé d’adopter la technique de l’esprit vide et ce faisant, on supporte assez bien les bruits finalement. C’est surprenant l’efficacité de la légèreté, lorsqu’on y arrive. Efficace pour soi même, s’entend… dramatique pour le reste du monde. Mais parfois certains ont décidés malgré tout d’être lourds. J’enlève mon masque 5 minutes pour respirer. Pas de chance, c’est juste ce moment là que choisit le contrôleur pour traverser le wagon. Il me sermonne, bien que j’aie déjà obtempéré. « Il ne faut pas mettre son masque juste quand je passe, mais tout le temps… sinon je serai obligé de vous faire descendre ». Je le fixe sans rien dire. Estomaqué. Ben voyons, et il ne contrôle même pas les billets. Il est de la police religieuse ou quoi ? Il ne me reste qu’à faire, contre mauvaise fortune, bon coeur, et le trajet se poursuit donc agrémenté d’un échange de mails avec MC. Je lui écris en italien car elle suit des cours dans la langue de Dante…

Udine : Il va falloir tuer le temps. Via Roma, face à la gare, j’envoie un sms à Magda depuis le bas de son appartement. En fait, là, je n’ai pas de porteuse et le sms part plus tard, lorsque je me suis réfugié dans un bar pizza kebab, sur la place à coté, pour grignoter au chaud. N’oublions pas que j’ai un pass, j’en profite, mais la serveuse ne le regarde même pas. Je reçois un sms de Gilles. Gasp ! Je m’aperçois que j’ai complètement oublié de regarder le dernier gp de f1 de la saison où le dernier tour de course a été très mouvementé, semble-t-il… Mais pendant ce temps là je essemessais avec emmessé. Dans le bar il y a de la musique à tue tête, et à une table il y a un type qui rivalise en produisant aussi la sienne depuis son portable. Je me surprend à supporter cette cacophonie. Je mange et j’écris. C’est curieux, j’arrive à écrire malgré le bruit. Je m’étonne moi même. L’heure du train approche, alors je range tout dans mon sac et mes poches et je m’en retourne à la gare. Le Micotra se met à quai bien avant l’heure. Je monte, je m’assoie et je continue mes conversations connectées, nonobstant les crécelles qui embarquent…

La Carnia : Je rencontre Ilva dans la rue, qui ne savait même pas que j’étais parti depuis un mois. Elle me met au courant des nouvelles restrictions qui s’annoncent. Mon appartement est tel que je l’avais laissé. Mieux, il est en silence. Je peux tout ranger tranquillement. Je vais même me chercher, dehors, des bûches à mon abri de bois de chauffage, pour allumer le poêle. Je monte aussi le thermostat de la chaudière à gaz, qui était sur hors-gel. Il faut bien chauffer les murs, car il fait juste 13° à l’intérieur… Exceptionnellement, je vais laisser tourner la chaudière toute la nuit… L’hiver va être long… et le confinement aussi…



Avant Propos…»

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