Plongée dans un fleuve africain

Jusqu’où va le sentiment de culpabilité diététique? Lire ce songe.

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Handkerchief Rescue


Je mets la main dans ma poche et je m’aperçois que je n’ai plus mon mouchoir. C’est bête, j’ai du le perdre en chemin. Je suis assis dans un bar, à Moggio, en ce 12 octobre 2018, où je suis venu faire mon tour, un classique du moment, à vélo depuis La Carnia. Le mouchoir, c’est important pour moi. Surtout l’été, lors des résurgences de mon rhume des foins, mais un peu aussi toute l’année. J’ai toujours eu un mouchoir sur moi. Ma mère m’a même dit un jour, que j’avais appris à me moucher tout seul avant d’apprendre à marcher. Une réminiscence de ce temps là, est le fait que j’utilise mes deux mains, parce que à l’époque elles étaient trop petites. Je ne sais pas faire, comme je le vois souvent faire, avec une seule main. Pour la petite histoire, c’est lorsque que mes parents ont émigré, lorsque j’avais huit mois, que l’eczéma que j’avais attrapé à la naissance s’est transformé en rhume des foins, une fois arrivé en France.

Un mouchoir ce n’est pas une grande perte. Surtout que j’en ai un autre, que je récupère prestement, dans la pochette de mon vélo. Mais j’en ai trop perdu. Et puis celui-là, je me souvient de l’avoir regardé en le prenant tout à l’heure avant de partir. Il est bleu avec des carrés bleus. Ce n’est pas un « carré blanc sur fond blanc » à un million de dollars, moins un million de dollars. Non, c’est juste mon mouchoir et j’y tiens.

Je pense : Il y a peu de chance que quelqu’un qui le trouve, le ramasse. On ne ramasse pas un mouchoir. Donc j’ai toutes les chances de le retrouver en refaisant le chemin inverse. Pour cela je ne vais pas continuer et faire la boucle par Cjampiuul et par Saqš, comme je l’avais prévu, mais revenir scrupuleusement sur mes pas. Cela veut dire remonter à Moggio alto vers l’abbaye et le belvédère puis redescendre vers le pont sur le Fella et reprendre, après l’ancienne station, l’emplacement des anciennes voies de chemin de fer où les travaux pour le complètement de la piste cyclable Tarvisio-Grado, s’éternisent. Mais je ne suis pas pressé, donc.

Je termine mon lemon soda que je me suis autorisé, juste aujourd’hui, vu l’effort que j’ai fourni. D’ailleurs j’ai monté la côte assez facilement tout à l’heure. Elle a l’air assez effrayante à regarder comme ça, avec ses lacets serrés, surtout après la campagne de débroussaillage de cet été qui l’a bien dégagée, mais c’est peut-être le plat de bonnes pâtes que ma cousine Graziella m’a réchauffé à midi qui m’a donné l’énergie nécessaire. Ce matin je l’avais accompagnée en voiture, pour une démarche administrative à Tolmezzo. On s’était ensuite arrêtés à la station de Tolmezzo, désaffectée elle aussi, où je l’avais invitée à prendre un café et un croissant sous les arbres, au calme. Maintenant ici, à Moggio, je termine aussi la lecture du journal local. Ils y parlent justement de la piste cyclable prévue entre Carnia et Tolmezzo. Ce serait une belle aventure s’il était possible ensuite de la connecter, via Illegio, à la vallée du Glanjo’ et redescendre jusqu’à Cjampiuul, par les sentiers aujourd’hui pédestres. Cela deviendrait le tour de l’Amariana. Les concepteurs de pistes cyclables devraient privilégier les boucles, ce qui permettrait de donner un intérêt supplémentaire aux excursions et retenir les touristes localement.

Mais moi, on le sait, je dois renoncer à ma boucle et commencer l’opération « Sauvetage du Mouchoir ». Je remonte sur mon vélo et je balaye du regard le petit pavé rougeâtre devant moi, tout en pédalant au ralenti. Au début, j’y suis un peu obligé vu que c’est une côte, mais après l’abbaye je redescends aussi mètre par mètre, en tenant le frein. Je me dis que le bleu doit être assez facile à repérer, mais je me méfie du vent qui a pu pousser le tissu dans une ornière sur les bas cotés.

Ayant l’esprit focalisé sur un mouchoir, me reviennent en tête d’anciennes histoires. Un jour, il y a quelques années, j’accompagnais mon cousin Giovanni à son Université de Udine, si je me souviens bien. J’avais même été très content d’assister à un cour, intéressant, dans un amphi théâtre, comme auditeur libre, en attendant Giovanni, qui après avoir vaqué à ses occupations était revenu me chercher pour rentrer. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver, dans une allée, au milieu du campus, mon mouchoir, là, par terre. Tombé, il était resté là, tout ce temps. Et seul le hasard, ou pas, m’avait fait repasser par le même endroit. Un peu comme la carte à jouer dans Sherlock Holmes. Ceci me donne donc de l’espoir.

Mais maintenant j’ai même un doute. Est-ce que j’ai vraiment mis un mouchoir dans ma poche en partant ? Est-ce que je ne serais pas en train de perdre mon temps ? Car, au bas de la descente, toujours rien. Et pourtant c’était là que je pensais que la chose aurait pu arriver. En effet, le fait de se dandiner sur mon vélo en montant, aurait pu, par reptation, faire sortir le mouchoir de ma poche qui est trop petite sur ce pantalon que j’utilise pour faire du vélo. En parlant d’acte manqué me reviennent en mémoire d’autres mouchoirs. Je suis devant un cinéma à Paris. C’est la fin des années soixante dix, j’ai à peine plus de vingt ans. Je me décide pour aller voir un film qui s’appelle « Préparez vos mouchoirs » avec Gérard Depardieu. Assis dans la salle, le film commence. Et juste pendant les premières images, un point noir apparaît au milieu de l’écran. Ce point s’agrandi très vite comme un cratère blanc aux bords noirs jusqu’à manger toute l’image. Je ne comprends pas tout de suite que je viens d’assister à la destruction de la pellicule du film sous l’effet de la chaleur de la lampe du projecteur. Mais les lumières se rallument bien vite et tout le monde se lève. Nous sommes invités à quitter la salle et à choisir, gratuitement cela va de soit, un autre film. Je dois en faire mon deuil, et préparer mon mouchoir, car je ne verrai pas le film que j’avais voulu. Et je me rends compte que, jusqu’à aujourd’hui, je ne l’ai jamais vu.

Passée la Fella, je suis toujours le nez par terre, roulant au pas, sur les gravas des travaux de la piste cyclable. En fait je ne roule pas tout à fait sur le tracé de l’ancienne voie ferrée, mais sur l’ancienne route abandonnée qui longe la nouvelle, bruyante elle, en contre bas. Sur cet asphalte craquelé, et moucheté de touffes d’herbe, entre ces anciennes et typiques bornes de pierre, noire et blanche, j’ai certainement du passer, petit, au moins une fois, en voiture d’un de mes oncles. Ces souvenirs me font remonter encore plus loin en arrière dans les années soixante à ce qui, incidemment, m’a donné le titre et l’envie d’écrire cet article.

Je revois encore mon grand frère Alberto, avec sa tête de pré adolescent, rentrant du lycée je suppose et nous racontant une de ses aventures, à nous ses frères, à la maison, où il ne se passait jamais rien. Il devait avoir reçu ses premiers cours d’anglais et nous racontait, ce qui deviendra une habitude, des histoires de filles. Il y avait sans doute eu un échange scolaire, et dans sa classe avaient du débarquer des jeunes filles anglaises de leur âge. Alors Alberto nous racontait ce fait. Bien sûr, lui, n’osait jamais. Alors, il en était spectateur. Un de ses copains de classe, plus entreprenant que les autres, avait donc tenté de rentrer en contact. Sortant son mouchoir de sa poche – et là, Alberto nous le mimait en sortant le sien, de ses doigts fins en le secouant entre le pouce et l’index – le gamin avait dit, à l’attention des anglaises, en utilisant l’ensemble de son vocabulaire: « This is a french handkerchief ! » « Ceci est un mouchoir français ! » dans l’hilarité générale, ou la consternation générale, comme on voudra. Pourquoi retient-on certaines scènes et pas d’autres ? J’ai peut-être tiqué sur ce mot étrange, qui ne ressemble même pas à de l’anglais. Et pour cause : il vient du français. Jusqu’à aujourd’hui je n’avais encore pas eu la curiosité d’aller voir comment il s’écrivait. En fait on peut le traduire par « tissus couvre chef que l’on tient à la main ». Donc un foulard… avec lequel, avec le temps, on s’est résolu à se moucher.

L’ancien tracé débouche sur la nouvelle route lorsque la vallée se resserre à la lisère de Venzone, en entrant sur le territoire du hameau de La Carnia, en fait. Il y a là un torrent qui descend de la montagne, le riu barbar et lavarie, et qui délimite la frontière entre les communes de Venzone et Moggio. Je m’arrête parfois ici et je lève le nez pour regarder les anfractuosités. J’essaye de deviner, à la louche, par où pourrait descendre une piste cyclable de là-haut. Parce que là-haut c’est Tuieč. Et ça serait bien si on aurait pu faire la connexion avec la future piste ici en bas, parce que cela créerait encore une boucle : Le tour de Somp Pave. Si l’on ajoute le Tour de San Simeone, qui existe déjà, cela ferait un panel de prestations quasi complet, juste autour de La Carnia.

Mais cette fois-ci, je passe tout droit et tête baissée. Ce bout de route nationale à forte circulation est le plus mauvais moment à passer. C’est justement ce que va éviter la piste cyclable lorsqu’elle sera construite. De chaque coté de la route il y a bien une bande d’un mètre de large environ, délimitée par une ligne continue et réservée aux cyclistes. Mais cela n’empêche pas les automobilistes de l’empiéter allègrement comme bon leur semble. C’est très dangereux. Lorsque j’étais plus jeune, beaucoup plus jeune, je ne me souciais pas des semi-remorques qui me frôlaient. Aujourd’hui je n’accepte plus ce risque. Et je ne prend plus la nationale que à contre cœur. Je la prend même maintenant à contre sens, parce que je veux remettre mes pieds, enfin, mes roues dans celles de l’aller. Je prend donc la bande de gauche pour revenir sur mes pas et ne pas louper mon mouchoir, s’il est là.

Soit dit en passant, c’est quand même beaucoup plus sûr pour un cycliste, comme pour un piéton, d’avancer en voyant arriver les voitures en face. Mais encore faut-il que le conducteur moyen le comprenne. En tout cas pas celui qui vient de me klaxonner, là. Après un petit kilomètre et demi de mésentente, je quitte enfin l’asphalte pour monter sur le bas coté sur l’amorce d’un sentier qui m’amènera à reprendre l’ancienne route, qui passe aujourd’hui devant le cimetière. Et là, que vois-je, trônant dans l’herbe verte… ? Mon mouchoir bleu qui m’attend. Je le ramasse et en l’attachant à mon guidon, j’ai quand même un petit sourire pour avoir complété la petite tâche que je m’étais fixée et je suis à deux minutes de chez moi. Comme le dit la chanson finlandaise, je me sens comme un canard qui a trouvé un nénuphar. Minä olen iloinen. Je suis content.

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Fontanafredda


Fontanafredda stazioneLettre ouverte à Marie Christine

Tiens, pour changer, on va le faire en français. C’est agréable d’avoir le choix, de comment on va être lu, non?

2018 a donc débuté, pour moi, par un voyage a Fontanafredda. Depuis le temps que j’en entendais parler, je n’en connaissais que la gare, et à chaque fois, que de passage entre La Carnia et Venise, pour aller prendre l’avion pour Paris. Comme j’étais un peu en avance, j’y suis allé en prendre une photo. C’est dommage d’ailleurs que, pris par les conversations, je n’ai pas pensé à en prendre d’autres chez toi, après. Un chez toi qui n’a pas été facile à trouver, mais j’ai bien aimé le rébus des deux rues, via zanon et via verdi, se faisant face chacune sur leur propre trottoir dans la même rue.

Encore une fois merci pour votre accueil. J’ai été enchanté de boire le café avec ta maman et de voir ton mari et tes enfants. Dommage que je n’ai pas pu voir Raffaella. J’ai encore dans la tête, tous les détails de la visite de ta maison et de ton domaine, chargés d’histoire. Et c’est justement ce patrimoine immatériel auquel je suis le plus sensible. Parfois cristallisé sur des photos que l’on a regardé, mais le plus souvent énoncé dans les myriades de souvenirs que l’on a échangé. D’ailleurs, ne jette pas le Paris Match sur Johnny Hallyday, quand tu auras fini de le lire. Comme tu le sais, j’aime bien conserver les reliques du temps qui passe.

Quand je suis rentré chez moi, j’étais très fatigué, mais d’une saine fatigue. Je n’avais même pas faim. Converser avec vous pendant tout ce temps m’avait rassasié. Cela m’arrive souvent au restaurant. A la fin du repas, mon assiette est restée intacte… et froide. Ma nourriture était ailleurs. Je t’envoie ce mail ce soir, car hier, toute ma petite bande passante, ici à La Carnia, a été saturée par les tonnes de photos d’Ingrid que mon frère a envoyé du Canada, pour ma mère. Et ce n’était pas fini. D’ailleurs, ces prochains jours, je vais essayer de trouver du temps pour me replonger dans les albums du passé pour voir si je ne retrouve pas quelques photos de toi à t’envoyer, si tu le veux…

Alors, encore une fois, mes meilleurs voeux pour l’année qui vient, à toi et à toute ta petite famille… Je t’embrasse…

Ton cousin Giorgio…

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La Fenêtre

Je viens de rentrer à la Carnia il y a 2 jours. Pendant mon absence, il y a encore eu une tempête de vent, il a neigé et maintenant il fait encore froid. Un temps à rester sous sa couette. Et justement, après cette nuit douillette, ce matin je me réveille avec ces bribes de songe qui me restent dans la tête. Je me lève pour les écrire

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To Maari

Letere vierte a Line

Quanqe i ai viert i šquurš vuee abinore i ai notaat il silensio qal renjave. Nancje un qal ves seaat lenqš o un aatri qal ves batuut lamiere. Nue. Un silensio di domenie. Ma vuee no sin domenie. Daur il šquur i ai veduut rivaa to suur qe štave vinjint qa’ di noo. No mi špetavi qe mi ves dit qe e ie lade to maari. No ai vuut peraulis. I ai dome dindolaat il cjaaf cjalant dute Cjarnje qe štave čidin. Vuee mi eri ievaat par laa a tajaa la ierbe tal luuq, ma i ai rimandaat. Mi soi dit qe nol ere il qaaš di rompi qešte paaš…

Pooš minuus doopo, alore qe i štavi par mandaati un mesažio qul telefonin, us ai veduus partii ducj iš tree fiiš in maqine par tornaa iu’ a cjataa vueštri maari. E i ai pensaat. E son pasaas quaaži quarant’anjs di quanqe al e laat to paari. I qel timp ei nol ere internet. La int, in Cjarnje, no veve nancje il telefono in cjase. E ere dome la cjarte. M’impensi qe, in France, i soi štaat oris a čirii di šcriviti un pensierin. Nue di če qe mi vinjive su’ no mi parave avonde dišcret par podee mandaatal. E dute qee cjarte e ie lade tal čestin.

Quatri diiš fa’, l’indoman di če qal e vinjuut a to maari, mi soi sintuut di laa de bande de Mariane a faa un žiir. Parče qe sal e un riquart qe i volares tinjii di to maari al e qee foto, un pooq fošqade, di qee frute qe ten a pašon lis piooris sun tun praat su pee Mariane. Qei anjs no iu’ ai conjošuus, ma la roobe qe faaš qaaš e qe ven fuur di qeste reliquie e ie la misure dal timp qal e pasaat di quanqe e qampave qešte frute špensierade, qun dute la soo lungje vite, fin a novante činq anjs, devant di iee…

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Friul Found


Fri-ul AA chaque fois que je sors de Carnia pour prendre la nationale vers Venzone, au croisement je fais bien attention à laisser passer toutes les voitures pour ne pas être embêté dans la longue ligne droite par quelque inconséquent qui viendra à coup sûr tenter un dépassement, même impossible. Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd’hui je n’ai pas observé cette règle pour ma tranquillité et je me suis glissé tout de suite dans la circulation, avec prudence cela va de soi, mais sans attendre outre mesure.

La dernière voiture que j’ai laissé passer et qui est donc devant moi maintenant, ne va pas très vite. Contrairement aux agités qui sévissent par ici, le conducteur n’a pas l’air pressé et donc même à mon allure résolument respectueuse des limites de vitesse, je fini par le rattraper tout doucement à la fin de la ligne droite en arrivant à Portis Vecchio. Curieusement personne ne m’a doublé et je suis donc dans le sillage de ce qui m’apparaît maintenant comme une Mercedes immatriculée en Allemagne…

Cette plaque, mon esprit commence à la considérer de façon diffuse au fur et à mesure que je me rapproche, jusqu’à ce que les lettres prennent forme, et que je constate, que par le plus pur des hasards elle sont dans l’ordre pour former un mot que j’ai du mal à croire là, écrit sous mes yeux. En plus je ne devrais même pas me trouver ici, car j’ai procrastiné tout l’après midi avant de me décider à aller faire des courses à Gemona. Et donc je mesure ma chance d’être là, témoin de cette coïncidence peu ordinaire.

Je m’en veux, tout de suite, de pas avoir pris mon appareil photo avec moi. Ces derniers mois je me suis blasé de prendre des photos pour oui ou pour un non artistique. Reste mon portable que je sors alors que nous abordons le S de Venzone. A’ tâtons dans les menus j’essaye de me garder une preuve de l’advenu. Je ne peux pas rouler trop près, il me faudrait un arrêt. Et c’est ce qui arrive au premier feu rouge de Gemona. Ca y est… j’ai la photo !

Je me demande si le conducteur de cette Mercedes a conscience qu’il est en train de rouler avec le nom de la région qu’il est train de traverser, écrit en toutes lettres sur sa voiture. Car sur cette plaque il y a, ni plus ni moins, écrit… FRIUL en frioulan! En fait FRI-UL. Cette combinaison de lettres n’est malheureusement pas possible sur une plaque italienne. Je pense à Fribourg en Forêt Noire. Mais non, ce serait FR, comme je le saurais en allant satisfaire ma curiosité plus tard sur Internet et découvrirais que pour FRI il s’agit en fait de l’arrondissement de Frise sur la mer du Nord.

Cet allemand se rend donc de la mer du Nord à la mer Méditerranée à la recherche de soleil, sans doute. D’une mer à l’autre, quel voyage symbolique. Mais je ne vais pas le suivre, comme ça, jusqu’à la plage et au deuxième feu de Gemona, avec le prétexte de tourner à gauche, j’en profite pour changer de file et côtoyer sa voiture un court instant en lui jetant un regard en coin. Je crois deviner qu’il a la tête sympathique de l’inspecteur Derrick mais avec d’épais cheveux blanc. Je le laisse partir.

Reste la deuxième partie de la plaque, qui est aussi, à sa façon, un clin d’œil. 404. C’est le fameux code « Not Found » à savoir « Pas trouvé » de Internet. Et là, pour le coup, c’est tout le contraire… Si je n’avais pas tergiversé pour prendre le volant, si je ne m’étais pas glissé tout de suite dans la circulation, si la voiture devant moi n’avait pas roulé lentement… je n’aurais jamais croisé son chemin… et je n’aurais jamais trouvé cette plaque… Mais oui ! Friul Found !

3 juillet 2017

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Paris 1900


Je viens de rentrer de Paris. Le 8 mars 2017, je récupère les trois cartes postales Paris 1900 que j’ai envoyé à ma mère ici en Italie, pour qu’elle ait de la lecture pour les jours où je n’aurais pas téléphoné. Une image, même avec peu de ligne écrites, peuvent tenir compagnie, parfois même plus qu’un coup de fil.

J’en avais achetées trois. Celles qui me plaisaient de part leurs détails. Et une fois rentré à la maison, je leur ai choisi un ordre pour raconter une histoire. En italien bien sûr. Puis je les avais envoyées tous les deux ou trois jours.


Paris 1900 1-3

Février 2017. Sur les Champs Elysées sans se
presser. Aucune voiture. Seulement des chevaux.
Mais tellement de poussière. Au fond, l’Arc
de Triomphe. Paris, il y a un siècle.



Paris 1900 2-3

Février 2017. La Seine comme un voile.
Notre Dame rincée par la pluie. Peu de voitures
dans les rues, presque vides. Les gens sont à pied.



Paris 1900 3-3

Février 2017. Arrivent les voitures et
c’est sans aucun doute plus encombré, ici sur
l’avenue de l’Opera. Nous allons entrer dans
la modernité. Est-ce un bien ou un mal ?



J’avais choisi ces cartes parce qu’elles étaient grandes, en noir en blanc et qu’elle parlaient du passé. Un passé dans lequel ma mère a vécu et duquel on ne peut pas dire qu’il soit moins bien que notre présent.

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Tutta Carnia è in Francia

Cartello Carnia
Tutta Carnia è in Francia…

… o almeno nelle lettere.

Stiamo tornando a casa dopo uno dei nostri girettini con il mio cugino Luigino per bersi un caffè e gli sto parlando della Francia, mentre mi sta dicendo di mettere la freccia, perché proprio in quel momento passiamo davanti al cartello stradale, al inizio de rive di palpeluuq dove è indicato Carnia, qui a sinistra per entrare nel paese.

E li’ mi salta in mente una cosa della quale non mi ero mai accorto prima. Tutte le lettere della parola “carnia” sono nella parola “francia”. Tranne la lettera ”f”, che è un po’ il simbolo della Francia. La si ritrova per esempio sulle targhe delle macchine.

In tutti i paesi del mondo il nome di France è scritto almeno con la “F” initiale… in tutti? No… c’è n’è uno che stranamente non lo fà. E la Finlandia. In finnico, France si dice Ranska. Dov’è finita le ‘F”? Forse volevano riservarsela come iniziale di Finlandia…No… perché in Finnico, Finlandia si dice… Suomi.

Ma Carnia, al inizio, si chiamava Stazione per la Carnia, perché il luogo si riduceva ad una stazione ferroviaria che permetteva la corrispondenza per andare su verso le montagne della Carnia. Poi il luogo si è chiamato Stazione di Carnia ed è con questa appellazione che continuo sempre a riferirlo, ma in friulano: Štasion di Cjarnje.

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Le chaton à moteur

Aujourd’hui, mercredi 9 novembre 2016, je suis allé faire une randonnée dans la montagne ici autour de Tugliezzo, sans doute pour me vider la tête après cette étrange soirée d’élections d’hier, qui a vu l’Amérique se trumper inexplicablement. Et en rentrant je descends ranger à la cave, mes affaires de trekking. A’ peine la porte poussée, je suis surpris d’entendre le miaulement assourdi d’un chat. C’est un miaulement éthéré, que j’ai du mal à localiser. En tout cas le chat n’est pas là et cela semble plutôt provenir de l’autre coté du mur où il y a le garage de mon voisin du dessus.

Intrigué, je fais le tour par la porte basculante pour voir que celle du voisin est levée et que le capot moteur de sa voiture est levé aussi. Moi, je gare ma voiture dans la pente, ce qui me permet d’utiliser la place dans mon garage pour autre chose. Mais lui, il fait comme tout le monde ici. Il utilise son garage pour mettre sa voiture à l’abri à l’intérieur. Pour moi, c’est de la place perdue. Alors que je suis là, à tendre l’oreille, mon voisin fini par sortir en épluchant distraitement une orange. Je lui demande s’il entend ce miaulement qui semble venir de nulle part. Lui, il a plutôt l’air entendu de celui qui sait et du menton il m’indique sa voiture. Cela fait une heure qu’il attend qu’un chaton qui s’est réfugié dans son moteur veuille bien en sortir !

C’est en rentrant de Venzone qu’il a entendu des miaulements en descendant de voiture. Il a donc transporté jusqu’ici, sans le savoir, un petit chaton dans son moteur. J’ai du mal à réaliser la situation et je regarde instinctivement sous sa voiture en essayant de repérer l’animal à la provenance de son cri. Mais non, c’est par le haut qu’on peut le voir. Le coffre moteur de son Alfa Roméo est très large mais bien rempli et c’est dans ses entrailles que mon voisin, avec une lampe de poche, me montre le petit chaton gris qui nous regarde au miaulant. Lorsqu’il essaye de l’atteindre, le chat se déplace et se trouve instantanément un autre endroit plus sûr.

J’engage la conversation. Comment l’animal en est-il arrivé là ? Est-ce que c’est la mère du petit chaton qui l’ai caché là lorsque la voiture était garée à Venzone, ou alors est-ce que c’est un chaton à peine sevré parti à la découverte du monde, par cette journée glaciale et qui a trouvé un endroit douillet avec ce moteur tout chaud ? En tout cas la cachette est risquée. Comment a-t-il fait pour ne pas être happé par la courroie du ventilateur, par exemple, quand le moteur tourne et que la voiture roule. Mais mon voisin ne semble pas inquiet pour la santé du chaton. Il voudrait juste pouvoir utiliser sa voiture en toute liberté. Pour le dérider, il me vient à l’idée de lui souffler qu’il a un petit tigre dans son moteur, mais je n’arrive pas à placer ce clin d’oeil dans la conversation.

Je continue la réflexion à haute voix. Comment déloger la petite boule de poils ? Peut-être a-t-il faim ? Peut être qu’un morceau de fromage ou un bout de saucisson le pousserait à sortir ? Tout à mon attention à lui trouver des solutions, je propose à mon voisin d’appeler une personne qui prétend s’y connaître en animaux. Je pense à ma cousine Alice qui est justement là, à la Carnia, pour quelques jours. Mais il décline la proposition. Bien sûr il n’a pas du tout envie d’avoir à démonter son moteur pour cela. Est-ce que le chaton va quitter de lui-même son habitacle et sortir du garage ? Il fait mine de vouloir remonter chez lui et il me dit qu’il va laisser la porte basculante ouverte.

Je laisse mon voisin à ses conjectures et je remonte me prendre une douche car je dois aller voir ma cousine Graziella pour lui ramener un ustensile de cuisine qu’elle m’avait prêté. En redescendant, je me demande si je dois prendre ma voiture, parce que chez Graziella c’est tout près d’ici, mais ensuite je pourrais en profiter pour aller boire un café à Venzone, pour méditer comme je le fais souvent, au milieu des vieilles pierres. Tiens… la porte basculante du voisin est fermée. Il a du, d’une façon ou d’une autre avoir régler son problème. Je suis content pour lui, mais tout d’un coup j’entends encore une fois le miaulement. Le chaton n’a pas du aller bien loin et doit être quelque part là, dans la nature, mais je ne le vois pas.

Je monte dans ma Panda et je m’arrête devant chez Graziella. Au moment de descendre je vois passer en coup de vent devant moi, mon cousin Renzo car j’ai vu sa Smart garée en bataille sur sa rampe aménagée. Je vais pour le saluer lorsque j’entends fort et distinctement… un miaulement. Oh non… je crois hélas comprendre. Je vais lever mon capot moteur et le chaton est là, miaulant sur la batterie, mais en un clin d’œil il se glisse hors de portée entre les tuyauteries.

J’attrape mon appareil photo et je prend un cliché au cas où on ne me croirait pas et je descends voir Graziella, qui habite en contrebas de la rue, en laissant mon capot levé. En remontant, le chaton semble être parti. Le moteur de la Panda est bien plus petit que celui de l’Alfa et j’en ai vite fait le tour du regard. Soulagé, je referme mon moteur et je m’apprête à repartir lorsque… j’entends encore un miaulement ! Mais d’où vient-il ? Pas de ma voiture. Je redescends et je fais quelques pas, l’oreille aux aguets. Oh non… Il est dans la Smart !

Je ne veux pas, moi, me sauver comme un voleur et je me mets en quête de Renzo. Je sonne chez Giuliana, où il devrait être, mais ça ne répond pas. Je repasse donc chez Graziella qui appelle Renzo. Je me demande s’il va prendre au sérieux le message lorsqu’il va l’interroger. « Tu as un chat dans ton moteur » Je saurais, plus tard, que Renzo ne m’a pas écouté, et qu’il est rentré chez lui, à Casarsa, sans s’occuper du chat dans son moteur, mais que l’animal y est quand même arrivé sain et sauf. Mais dans quel moteur de voiture est-il maintenant ? Car, après tout, je ne l’ai jamais vu mettre une patte par terre, ce chaton. Si cela se trouve il était déjà dans un moteur a Venzone, avant de passer dans celui de l’Alfa. C’est sa façon de voyager. C’est sa vie. C’est un chaton à moteur

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Friul sous la Canopée


Friul sous la Canopee 1Arrivé à Paris, je découvre que le passage sous la Canopée est enfin ouvert depuis peu. Cela va devenir une de mes promenades digestives les plus courues dans mon quartier des Halles. Et à propos de manger, il y a là maintenant un restaurant dont les prix à la carte affichée dehors en doivent faire fuir plus d’un. En tout cas, je suis un de ceux-là. Malgré tout, le restaurant est bien achalandé. Non, pas qu’il soit bien pourvu, car la décoration y est austère et en faux-luxe, mais il est souvent bien rempli de clients attablés qui ne doivent pas avoir peur de croquer… tout leurs salaires.

Pendant plusieurs jours, je passe donc tout droit. Puis un jour, ce matin du 2 juin 2016, mon regard flânant est attiré par quelque chose de familier qui siège là, à l’intérieur, derrière les tables. Ma première intention est de passer mon chemin comme d’habitude, mais la curiosité est trop forte. Est-ce que ce que je crois voir est vraiment ce que je pense? Je fais demi tour et rompant avec mon vœux de ne jamais y entrer, je pousse la porte de cette anti-taverne. Bien sûr je suis tout de suite dévisagé par un serveur planté à l’entrée. Non, merci, je ne viens pas pour une collation… je… je voudrais juste jeter un coup d’œil sur… comment dire… sur ce que vous avez là au fond de la salle. Bien sûr… on m’en prie. Mais j’en suis d’ores et déjà assez proche pour avoir compris de quoi il s’agit.

Tout en continuant d’avancer, je m’assure auprès du personnel, qui au demeurant est fort serviable, que je peux prendre des photos. Mais ce n’est que lorsque j’aurais le nez sur la chose que je pourrais y lire dans un coin la signature que je cherchais: Solari Udine. Oui, c’est bien un grand panneau d’horaires de train, sans aucun doute en provenance de la Gare de Lyon qui, à plein mur, donne là maintenant le menu du jour. Ce lieu que j’avais tout fait pour éviter auparavant, me devient là tout à coup fort sympathique. Et je ne manquerai pas dans les mois qui suivront de le faire visiter en faisant faire un détour aux personnes qui m’accompagneront dans le quartier, pour leur raconter l’histoire.

Avant le tout informatique et les écran plats, il y avait l’électromécanique. Et ce panneau Solari en était une merveille. Je l’ai toujours connu à la Gare de Lyon avec son cliquetis caractéristique qui rappelle celui d’une machine à écrire. Peut-être était-il déjà là quand j’y ai débarqué encore tout-petit, en 1957, en provenance du Friul. Car cette entreprise du nom de Solari, est une entreprise du Friul qui fabrique ce panneau… qui fabriquait plutôt, car comme c’est le cas même à Igny par exemple aujourd’hui, Solari continue à faire des panneaux d’horaires de trains, mais sur des écrans plats pour sacrifier au tout informatique. Et tout cela n’a évidemment pas le même charme que cette belle mécanique avant-gardiste surannée qui trône là devant moi dans ce restaurant qui vient d’ouvrir… Oui, oui… je peux donc dire qu’il y a donc bien un peu de Friul sous la Canopée.

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